Empathie

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Lorsque je m’en absente je suis obsédée par le vide de mon appartement , déserté pour quelques heures ou quelques jours, quelques semaines. Je pense à cet espace, sombre, silencieux, à peine troublé par le grondement d’un frigo ou le tic-tac d’une horloge inutile, cet espace indéfiniment vide qui ne sais pas lui-même quand ses occupants lui redonneront vie. Cet espace là existe, même si personne ne le voit, et je m’y plonge, en imagination, attentive à l’immobilité , aux plis du vêtement négligemment jeté sur le lit, au niveau de l’eau dans le verre abandonné, à la lenteur extrême avec laquelle en se retirant elle déposera son discret témoignage. J’occupe physiquement cet espace par mon esprit, je l’habite en pensée.

De la même façon j’ inspecte malgré moi  la vie invisible mais réelle, de ceux qui ont vécu la pire des détresse et pour lesquels on a jamais su. J’ai souvent en tête John Coffey, le colosse du film La ligne Verte, je pense à ce que pourrait endurer quelqu’un qui, sans la voire, sentirait toute la souffrance du monde, je pense à Stephen King, le créateur de ce personnage et ce qu’il a voulu exorciser de manière si violente. Cet écrivain doit avoir une sensibilité poussant l’anxiété à son paroxysme,  lui aussi est capable de ressentir toute cette détresse insupportable, parce-qu’il conscience qu’elle n’est que invisible, et qu’ il a le pouvoir d’en imaginer tous les détails.

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