Le psychiatre-psychanalyste

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Rendez-vous chez le psy.

Comme un gag, le livre de Bettelheim « La forteresse vide » est exposé au premier rang dans la bibliothèque aux côtés d’une collection poussiéreuse d’ouvrages de Freud.

Je pensais naïvement qu’un psychiatre, plutôt jeune (à ce que j’avais pu en déduire après investigations sur le Net), serait à l’écoute de mes questionnements autour du syndrome d’Asperger. Eh ben non, vraiment: non. Il me reçois de la manière la plus froide dont j’ai jamais été reçue (sûrement la fameuse « neutralité » du psychanalyste) du genre me désignant le fauteuil où je suis censée m’asseoir, ne me proposant pas d’enlever mon manteau.. pas même un mouchoir.

Moi qui craignais ne pouvoir commencer à m’exprimer étouffée par mes sanglots, je me suis sentie tout à coup vidée de toute émotion, incapable de me livrer à un être  si déshumanisé.

Ensuite il n’a fait que reprendre mes fins de phrases pour que je continue à meubler le vide.

« Poursuivez.. »

Les deux seules questions qu’il a posé montraient clairement sa crainte d’avoir affaire à une cinglée totale type schyzo qui entends des voix (« vous entendez quel bruit là? »/ »vous avez un sentiment d’étrangeté n’est-ce pas? ») .

La conclusion de la séance fût cocasse. Il me conseilla de sortir, de voir un maximum de monde, de m’inscrire au « club med gym ».

100 balles s’il-vous-plait.

 

« Qu’est-ce qui vous amène? »

Ben en fait j’sais pas..Qu’est-ce que je fous là au fait?

Bonjour Docteur

Rendez-vous chez le docteur car je suis tout simplement incapable  d’aller travailler.

Cela a dû m’arriver une ou deux fois auparavant: blocage total, l’idée d’y aller est impossible. Je débarque dans la salle de consultation et j’arrive à peine à atteindre ma chaise avant d’ éclater en sanglot. Je n’arrive pas à prendre la parole, je ne fais que pleurer, le visage dans mes mains. J’imagine qu’il doit se dire qu’il m’est arrivé quelque-chose de grave.

Je lui dis que oui, ça se passe mal au travail, mais c’est comme d’habitude. Je lui dis que oui, ça se passe mal avec mon conjoint, comme d’habitude aussi. Puis je lui lâche que je pense avoir le syndrome d’ Asperger. J’avoue que c’est un peu brutal, mais comment l’annoncer autrement?

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Il est gêné, je le comprends. Il doit penser que je pleure parce-que je pense avoir le syndrome d’Asperger. Donc il essaye de me dissuader.

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Il va prendre un certain temps pour développer tous les arguments sensés me prouver que je ne suis pas Asperger.

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Il finit par me dire de ne pas consulter Internet car sur Internet on trouve ce qu’il y a de pire. Je constate donc que mon docteur ne connait strictement rien au syndrome d’Asperger mais cette méconnaissance n’est pas grave en soi. Je continue de bien l’aimer, j’ai juste été un peu déçue qu’il n’écoute pas ce que j’avais à dire.

Avec ses yeux croisant rarement mon regard, son ton plutôt monocorde et ses éternelles chemises à carreaux, je pense qu’il ferait mieux de consulter un peu plus certaines infos sur Internet, pour en apprendre plus sur lui-même.

 

Petite visite chez ma tante ce week-end, en partant je lui dis que suis en arrêt.

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..Ou comment descendre le moral de quelqu’un qui est déjà en dépression..